Skip to content Skip to footer

Maltraitance animale : comment l’enquête d’un détective privé a révélé les abus d’un dresseur de tigres de l’Oise

Le 7 octobre 2025, la cour d’appel d’Amiens a rejugé le dresseur de tigres Mario Masson pour maltraitance animale. Déjà condamné en 2022 à 5 000 € d’amende, à une interdiction d’exercer de deux ans et à la confiscation de ses dix tigres, l’avocate générale a requis cette fois six mois de prison avec sursis, une interdiction d’exercer pendant cinq ans et le maintien des animaux dans un refuge. Le verdict est attendu pour le 28 janvier 2026.

L’affaire a débuté en 2019 lorsque l’association animaliste One Voice a été alertée sur la situation des tigres enfermés dans des cages dans l’Oise. Après une première plainte classée sans suite, un détective privé a été mandaté pour recueillir des preuves supplémentaires. Pendant six jours et six nuits, il a filmé les conditions de vie des félins, montrant des manquements graves aux règles de bien‑être animal. Les images obtenues ont permis de constituer un dossier solide qui a convaincu la justice de confisquer les animaux et d’engager des poursuites contre le dresseur.

Ce cas illustre l’importance du travail des détectives privés dans la protection animale : leur discrétion et leur persévérance permettent de mettre au jour des infractions que les autorités ne peuvent pas toujours constater. L’avocate de One Voice a souligné que l’ampleur et la durée des infractions relevées par le détective justifiaient des réquisitions renforcées. Sans ces preuves, il aurait été difficile de faire reconnaître la maltraitance et d’obtenir des mesures de protection pour les animaux.

Au‑delà des sanctions pénales, les réquisitions financières sont considérables. L’avocate générale réclame 56 000 € pour les acquisitions et cessions irrégulières d’animaux, 30 000 € au titre des frais de capture engagés par l’association One Voice et 330 000 € pour les frais d’accueil et de soins vétérinaires supportés par Tonga Terre ‑ Accueil, qui héberge les tigres saisis. Au total, ce sont 416 000 € que pourrait devoir régler le dresseur. Cette affaire emblématique rappelle que la maltraitance animale peut être lourdement sanctionnée lorsque des preuves fiables et circonstanciées sont réunies.

Source : Patrick Caffin, « 416 000 euros requis pour maltraitance animale : la peine du dresseur de tigres de l’Oise alourdie en appel ? », Le Parisien, 7 octobre 2025. Lien vers l’article